lundi 11 janvier 2010

Hypothèse d'évolution démographique retenue par les élus... ou l'exception territoriale (épisode 2)

Un simple coup d’œil sur le plan de zonage permet de constater que le projet de PLU matérialise la poursuite d'une fuite en avant dans l’urbanisation de Louzac avec l’amplification d’un déséquilibre entre les 2 communes associées.

En terme d’habitat, le zonage a été justifié par les auteurs du projet comme compatible d’un déploiement de 193 nouveaux logements répartis sur le territoire à raison de :
- 131 au sud de la D79, dont 78 en zones dites 1AU (extrait du plan de zonage – Louzac au sud de la D79)
- 25 Chez les Rois et 2 Chez Devaud
- 35 sur l'ensemble de la commune de Saint-André

Sachant qu’en janvier 2007 (donc sans comptabilisation des 17 logements du lotissement du Fief des Groies), il était recensé sur la commune 396 logements occupés (391 à titre de résidence principale, 5 à titre de résidence secondaire) et 23 logements vacants (des logements dont on n’a pas voulu tenir compte qu’une partie puisse être occupée à l’avenir), c’est une progression de 210 logements sur la période 2007-2020 (une moyenne de 15 nouveaux logements/an) qui nous est proposée (soit une augmentation de 53% des logements occupés à titre de résidence principale).

Toujours selon les hypothèses retenues, la progression de 210 logements conduirait à porter la population de Louzac Saint-André à un effectif supérieur à 1500 habitants en 2020 (1521 exactement). Sachant que les zones 2AU (3,33ha) ne sont pas intégrées dans ces calculs, et qu’elles pourraient offrir un potentiel de 35 à 40 logements supplémentaires avec une révision rapide du PLU, c’est donc sur une hypothése de 1600 habitants au milieu de la période 2020/2025 que l’on veut nous vendre le zonage !!!

Voici ci-dessus un graphique qui illustre cette première partie de mon propos. Vous pouvez le visualiser en plus grand format en cliquant ici.


Figure également sur ce graphique, une alternative au choix des élus qui aurait pu être de se fixer un objectif de 1300 hab en 2025 (1235 en 2020) ; cette contreproposition se veut plus cohérente avec la planète charentaise (Louzac Saint-André n’est ni une commune vivant dans un autre monde, ni une île, ni… une principauté !), et elle est certainement plus en rapport avec les possibilités qu’aura la commune pour se doter d’infrastructures satisfaisantes.

L’hypothèse de développement retenu dans le projet de PLU est-elle pertinente et … réaliste ?

Certainement pas, au vu de l’évolution démographique connue par la Charente et l’Ouest cognaçais sur la période 1990-2007 (à quelque moment que ce soit entre 1990 à 2000 ou 2000 à 2007 leur taux moyen d’évolution démographique annuelle n’a franchi sur cette période le seuil du 1%), et parce que Louzac Saint-André ne dispose d’aucun atout extraordinaire pour y devenir un territoire d’exception où la population progresserait de 2007 à 2020 à un taux moyen annuel de 3 à 4% par an.

Encore moins au vu des capacités de la commune à faire face aux besoins d’infrastructures (quand ce n’est pas à leur entretien) indispensables à l’accompagnement de toute urbanisation et à l’accueil d’un volume de population significatif.
Nos élus l’avaient oublié en 2000, et ils s’engagent à nouveau sur le même chemin dans le projet actuel, tant ce qui leur importe parait décidément être ailleurs.
Dans la dernière décennie, Louzac Saint-André s’est en effet révélée incapable de satisfaire à une bonne partie de ces besoins comme de s’en donner les moyens. Englués dans une gestion communale passéiste et trop clientéliste, dans le refus de faire des choix (en matière fiscale, en économie de dépenses de fonctionnement par exemple), se perdant dans des opérations farfelues (cf. affaire de l’atelier municipal) nos élus ont-ils réellement depuis 2 mandats cherché à offrir des perspectives à la commune. A ce niveau, Louzac Saint-André est bien une exception territoriale… avec le plus faible niveau d’investissement par habitant de la communauté de communes, un montant de subventions obtenues au niveau départemental anormalemnt faible (d’abord par faute de travailler réellement ces dossiers et de les présenter en temps et en heure).
Alors à force de pousser la montagne devant soi, il arrive un jour qu’elle ne soit plus franchissable. Y-aura-t-il des personnes publiques ou des services de l’Etat pour s’apercevoir que le projet de PLU proposé n’est en fait qu’un « trompe-l’œil » déjà plombé au départ, tant la commune est rattrapée par le retard qu’elle a accumulé sur plusieurs de ses infrastructures majeures. A fin 2009, nous sommes déjà à moins 25 logements de l’objectif d’urbanisation affiché. Et comme à Louzac, la construction sera pratiquement impossible tant que la situation de l’assainissement collectif n’évoluera pas (pour 1 à 3 ans encore, ou plus ? tant le dossier est encore techniquement mal ficelé, comme insuffisamment travaillé côté financier - voir Nota). Il va falloir vraiment se hâter pour construire d’ici 2020, 131 logements au sud de la D79 (près de 3 fois plus que ce que l’on a construit dans les 10 années écoulées).

En clair, sur ce critére dimensionnant qu'est l'évolution démographique projetée, le PLU proposé est tout aussi utopique que l’était la révision 2000 du P.O.S.
Mais peut-être ne faut-il pas chercher de la pertinence où il y en a pas ?. Sous couvert de l'alibi "populaire" de maintenir à tout prix l’effectif scolaire de la commune (qui implique "mathématiquement" de voir au moins 12 enfants intégrer primaire ou maternelle chaque année), et d’invoquer la mixité sociale, ne s'agirait-il en fait que d’un habillage pour tenir des objectifs moins avouables… celui de mettre certains propriétaires fonciers en situation de ramasser le « jackpot », et donc… de faire la course à la surface constructible.

Nota: je traiterai spécifiquement de ce point dans un prochain article comme déjà annoncé

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